
Pour la première fois depuis la Révolution et ses vandales, ce qu'il reste du trésor des évêques amassé quinze siècles durant a été réuni en un même lieu au musée de Toul.
Qui viendra voir la splendide et rare exposition présentée au Musée de Toul (Lorraine) jusqu'au 11 février 2008 sur le trésor des évêques de la cité épiscopale sera incollable sur le surhuméral. De quoi épater définitivement tous vos amis.
Comme son nom l'indique, le surhuméral se porte sur les épaules, autour du cou. On dirait comme une bavette, mais très richement ornée, toute cousue et brodée de fils d'or, parfois même ornée de pierres précieuses.
Des améthystes le plus souvent, dont la couleur violette est depuis toujours la préférée des évêques...
- C'est un ornement qui n'est porté en France que par le seul évêque de Toul, explique Alde Harmand, historien de l'art et commissaire de l'exposition. Mais il est porté par trois autres évêque d'Europe centrale, Cracovie, Paderborn et Eichstätt.
La raison est facile à comprendre, quoique souvent oubliée des Lorrains.
- Toul était terre du Saint Empire romain germanique.
Ce surhuméral, pas question qu'aucun évêque de Toul, ou plutôt depuis le XIXe siècle de Nancy et de Toul ne soit consacré sans l'avoir autour du cou.
- Il a été remis à l'honneur au Xe siècle, en s'inspirant d'une description très précise de cet ornement dans la Bible. Il était porté à l'origine par le grand prêtre des Juifs Aaron. Comme les archevêques avaient leur pallium, certains évêques ont voulu leur surhuméral !
Ce n'est pas le seul objet étonnant de l'exposition. Voici au détour d'une salle ce qui en est le clou, et même le saint clou ! Il est enchâssé dans un imposant morceau poli de cristal de roche. Et son histoire est étonnante.
- Sainte-Hélène, la mère de l'empereur Constantin a fait des fouilles archéologiques sur le Golgotha. Deux siècles et demi plus tôt, les Romains ont pris, puis rasé Jérusalem, avant de reconstruire une ville nouvelle sur son emplacement, Aelia Capitolina. Le Golgotha, lieu de la Passion du Christ se trouvait sous le nouveau forum. Hélène a retrouvé des morceaux de bois et des clous dessous. Elle en a déduit qu'il s'agissait des clous et du bois de la Croix. Ils ont été transformés en relique.
L'authenticité de ces reliques, évidemment, est surtout une affaire de foi, mais on est sûr de la tracabilité du clou depuis sa découverte.
- Il a été offert par Constantin à l'archevêque de Trêves, Saint-Gérard, évêque de Toul au Xéme siècle. Il s'est rendu à Trêves et a demandé à son archevêque (dont les trois évêchés lorrains dépendent depuis toujours) Il a refusé. A ce moment-là, miracle, le clou s'est brisé en deux morceaux. Le jugement de Dieu ne faisant aucun doute, l'archevêque a confié l'un des deux morceaux du Saint-Clou à son suffrageant.
Une histoire merveilleuse, en un temps qui n'en était pas avare. Et ce ne sont là que deux objets parmi d'autres, exposés au Musée de Toul.
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(source : Guillaume MAZEAUD ; Est Républicain du dimanche 13 janvier 2008)_________________
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Les films frappent à la porte de nos rêves. - Tim Burton